La Chine : j'y suis allée un jour, remplie de curiosité, toute excitée de rencontrer ce si grand pays. L'Empire du Milieu. Mais qu'ai-je découvert ? Une musique américanisée et des villes modernes, à la pointe de la technologie. J'ai appris que les chinois crachaient partout, que plus les repas étaient bons plus ils faisaient du bruit en mangeant, qu'ils jouaient quasiment tout le temps et qu'ils buvaient du thé à longueur de journée, sans parler des étages 13 et 14 (le 14 suit le 13, alors...) qui « n'existent pas » dans les immeubles.
Mais qu'en est-il du temps de Mulan avec ses beaux jardins, ses costumes ? La Chine est passée du Moyen Age à Aujourd'hui en une vingtaine d'années et je pense que ce fut un choc pour la population (les ouvriers devenus cadres, les paysans devenus professeurs...). Et je pense, ou du moins j'espère, qu'il n'y a certaines familles de haut niveau qui restent cultivées et ne se laissent pas abrutir par la télévision.
Mais je suis allée voir en dehors des grandes villes. Là-bas, c'est un autre monde. Un monde sans industries, sans commerces, sans mondialisation. Un monde qui n'a jamais vu de blonds, qui vit complètement à l'écart de la société chinoise, dans la plus grande pauvreté. Un monde qui nous culpabilise, qui nous fait voir qui on est : la principale cause de leur précarité, leur diable, leur bourreau.
Puis on sort, honteux, du village, sans pouvoir dire un mot. On est là, coi, à méditer sur la vie, à se juger soi-même et sans pouvoir agir ou faire quoique ce soit. On rejoint la vie de la citée telle qu'on la connaît tous, ici, en Europe. On passe devant des magasins de luxe, des centres commerciaux, on a envie de vomir, on est écoeuré devant tant d'injustice.
On veut agir, faire quelque chose, mais quoi ? On ne peut rien faire face à la toute puissance industrielle et commerciale. Rien. Alors on essaye d'oublier mais les images nous reviennent sans cesse à l'esprit. L'image de ces gens qui vivent de rien face à nous, gâtés, pourris et qui osons encore nous plaindre de choses accessoires, inutiles, nous qui voulons toujours plus, sans ne jamais être satisfaits.